La rupture du ligament croisé antérieur du genou

Parmi les affections orthopédiques rencontrées chez le chien, la rupture du ligament croisé antérieur du genou est sans doute l’une des plus fréquentes, qu’elle soit d’origine traumatique ou dégénérative.
Seulement 20 % des ruptures sont attribuables à un traumatisme chez le chien.
Situés à l’intérieur du genou, les ligaments croisés antérieur et postérieur jouent un rôle fondamental dans le fonctionnement de cette articulation. Formant une structure en X, ils relient le fémur au tibia et assurent une grande partie de la stabilité articulaire.

Une dégénérescence du ligament

La rupture du ligament croisé antérieur, la plus fréquente, survient quand le genou fl échit et fait en même temps une rotation sur lui-même, exactement comme cela arrive chez le joueur de football ou de rugby, ou encore lorsqu’il subit une hyperextension. C’est le cas des ruptures traumatiques, touchant les chiens sportifs (notamment les chiens de chasse) ou au tempérament fougueux !
Toutefois, cela ne représente que 10 à 20 % des ruptures de ligaments croisés.
Contrairement à l’Homme chez qui la rupture du ligament croisé est d’origine traumatique, chez le chien, il s’agit dans la majorité des cas d’une dégénérescence du ligament pouvant toucher toutes les races, du Caniche au Cane Corso en passant par l’Épagneul breton,même si les chiens de grande taille sont plus concernés (Labradors, Rottweilers, Terre-neuve).
Cette dégénérescence est due à l’anatomie et au fonctionnement du genou, et plus particulièrement à la conformation du tibia : chez l’humain, il fonctionne en position complètement verticale alors que chez le chien, le genou est toujours fléchi. De plus, la surface articulaire du tibia étant « en pente », une poussée permanente s’exerce sur le fémur. Ces deux spécificités font que le ligament croisé antérieur est très sollicité chez le chien.
La génétique, l’environnement, l’immunité, l’inflammation, l’obésité sont autant de facteurs prédisposants.

Rupture partielle ou complète

La rupture du ligament croisé antérieur peut être partielle ou complète. Dans le cas d’un traumatisme, le chien présente d’emblée une boiterie très forte, avec suppression d’appui de la patte ; l’articulation est d’autant plus douloureuse que d’autres ruptures ligamentaires du genou sont bien souvent associées, notamment lors de traumatismes graves.
Dans le cas d’une dégénérescence du ligament croisé, les boiteries ne sont pas toujours évidentes lorsqu’il s’agit d’une rupture partielle, jusqu’à l’expression d’une franche boiterie lors de la rupture complète. L’âge a une incidence puisque cela arrive sur des chiens de 6 ans et plus.
Á plus ou moins long terme, cette dégénérescence entraîne l’apparition de phénomènes d’arthrose. En l’absence de traitement chirurgical, il ne peut pas y avoir d’amélioration, sauf peut-être chez les petits chiens qui ont un faible poids et pourront s’adapter.
Pour les autres, l’évolution conduira à une arthrose forte, une boiterie persistante et une fonte musculaire, voire à des lésions associées telles que les déchirures des ménisques.
Les techniques chirurgicales employées dépendent de la taille du chien, de la gravité des lésions, du matériel disponible et du coût de l’intervention, plus ou moins lourde. Dans tous les cas, le but est de stabiliser l’articulation.
Céline Nebout