L’élevage des lapins, un nouveau scandale

Si vous avez récemment pris le métro à Paris, peut-être les avez-vous vues. Aux stations Hôtel de Ville, République ou encore Bercy, s’affichaient des images murales de lapins en cage. Visibles pendant une semaine dans 50 stations, ces affiches ont donné à des milliers de personnes un aperçu des conditions d’élevage des lapins en France.
L214
"Un lapin sur quatre ne survit pas à l’épreuve de l’élevage et meurt avant même d’être tué"

Sans doute plus d’un voyageur a dû ressentir un choc face à l’enfer d’un élevage de lapins, et ce d’autant plus que rien, sur les emballages ou dans les spots publicitaires, ne permet de faire de lien
entre la viande proposée et ce qu’endurent les animaux.
Si une image comme celle affichée dans le métro parisien figurait sur les emballages de viande de lapin, on peut être sûr que les ventes s’en ressentiraient.

Rendus fous

Cette image ne fait pourtant qu’illustrer les conditions de « vie » de 99 % des lapins élevés en France pour leur chair.
Plus de 40 millions de lapins vivent ainsi enfermés sur un sol grillagé, source d’inconfort permanent et de blessures aux pattes.
Il leur est impossible de se dresser, de se cacher, de bondir, de ronger, de fouiner ; ils sont entassés dans des cages surpeuplées où ils sont “en contact étroit les uns avec les autres, incapables de s’allonger sans se toucher”, comme le remarque le docteur vétérinaire Yves Lahiani. Alors qu’un lapin a une espérance de vie d’au moins dix ans, ceux élevés pour leur viande sont tués dès qu’ils atteignent l’âge de 2 mois et demi.
À un âge où ils devraient pouvoir jouer et découvrir le monde, ces lapins ne connaissent que leur cage et l’éclairage artificiel.
Rendus fous d’ennui et de souffrance, ils adoptent des comportements stéréotypés et s’agressent.
Les atteintes physiques sont sévères, et ce en dépit des médicaments et compléments largement administrés.
Ces dernières décennies ont été notamment marquées par une généralisation des granulés qui, comme le relève le docteur vétérinaire Dorothée Aillerie, “ne respectent pas les besoins de mastication des lapins, ainsi que [par] l’utilisation abusive des antibiotiques, sans lesquels la mortalité serait encore plus élevée qu’elle ne l’est déjà”. Pour le Docteur Lahiani, dans ces élevages, “on voit aussi des cadavres qui côtoient les vivants. C’est là l’évidente preuve d’un défaut grave de surveillance et de soins”.
Pourtant, rien qu’en 2011, 71 tonnes d’antibiotiques ont été administrées à environ 40 millions de lapins, faisant de la filière cunicole la plus grande consommatrice d’antibiotiques en termes d’exposition des animaux.

Vidéo choc

Parallèlement à sa campagne d’affichage, L214 a dévoilé une vidéo choc : commentée par Matthieu Ricard, elle montre sans détour ce qu’endurent ces animaux réduits à l’état de machines à produire de la viande. Matthieu Ricard, auteur du livre Plaidoyer pour les animaux, docteur en génétique cellulaire et moine bouddhiste, souligne qu’il est temps d’étendre notre bienveillance aux animaux et de refuser qu’ils finissent dans notre assiette, ce qui se traduit simplement par le choix d’une alimentation végétale.


Pour en savoir +
www.l214.com/enquetes/messagematthieu-ricard-lapins
Clèm Guyard membre de L214